Dans le monde d’après, l’économie sociale et solidaire est la solution !

résumé

Les aspirations de la population liées à l’après confinement sont claires : ne pas continuer comme avant. Les acteurs de l’économie sociale et solidaire ont constaté un changement d’habitudes de consommation, et ils sont convaincus que les Français peuvent transformer l’essai.
Une tribune de Maud Sarda, responsable de Label Emmaüs, la marketplace solidaire créée par le mouvement Emmaüs et située à Noisy-le-Sec.

Depuis que la date du 11 mai a été annoncée par le gouvernement, les grandes enseignes ont recommencé à inonder leurs bases clients de messages promotionnels. La consommation doit repartir, c’est une nécessité pour préserver notre économie, cela ne souffre pas de discussion. Toutefois, la question qui mérite d’être débattue concerne notre manière de consommer.

Alors comment expliquer cet engouement pour la seconde main en plein confinement ? Première hypothèse : la recherche de sens et d’impact positif pour les citoyens, salariés et consommateurs est une tendance de fond de notre société, et elle s’est largement amplifiée durant la crise sanitaire. Le contexte du confinement a permis à de nombreux internautes de prendre plus de temps pour mettre en pratique cette quête, chercher et tenter des solutions alternatives, plus solidaires et éco-responsables.

Deuxième hypothèse : la diminution temporaire de la concurrence. L’exemple le plus parlant est la vente des livres d’occasion sur Label Emmaüs qui a été multipliée par quatre. Le principal concurrent sur le marché du livre de seconde main est Amazon. Pendant le confinement, face aux conditions de travail dans les entrepôts du géant du e-commerce, beaucoup de consommateurs se sont détournés de leurs habitudes au profit d’acteurs de l’économie sociale et solidaire comme Label Emmaüs. Le volume de commandes a été exceptionnel et malgré un fonctionnement en mode dégradé, la plateforme a pu honorer les commandes, grâce à une équipe de cinq salariés volontaires, pouvant se rendre sur place à pied.

Enfin, le facteur digital a été déterminant et souligne plus que jamais l’urgence pour le secteur associatif, les entreprises sociales et tout le secteur à impact en général, de s’emparer du web, où encore trop peu d’alternatives solidaires et éco-responsables existent.

La consommation est faite d’habitudes, de solutions de facilité dans un quotidien souvent très chargé. Mais nous sommes convaincus qu’il est possible de protéger cette petite graine qui a été semée pendant le confinement. Consommer autrement est possible au quotidien, acheter un vêtement, un livre, un téléphone en continuant à se tourner vers les solutions solidaires et éco-responsables qui existent. Chacun peut se tourner aussi vers les communautés Emmaüs, les ressourceries, les friperies, pour acheter comme pour donner, ils vont avoir plus que jamais besoin de soutien.

L’économie sociale et solidaire est une alternative crédible, elle l’a prouvée pendant cette crise. Il faut maintenant installer durablement et plus largement cette préférence d’achat, afin d’incarner durablement l’utopie du mouvement fondé par l’Abbé Pierre, « une deuxième vie pour les objets, une seconde chance pour les hommes », car désormais, nous en sommes sûrs, c’est possible !

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