Voeux 2015 – mon discours

carte voeux 2015-versoMesdames, Messieurs,

 

Je veux vous dire ma joie de vous accueillir une nouvelle fois dans cette salle pour vous présenter mes vœux et partager avec vous un moment de convivialité.

Je dois dire, que cette rencontre revêt pour moi un caractère tout à fait particulier.

Au-delà de la formule de style, il est vrai que les circonstances ont rendu encore plus fort, le besoin de se retrouver dans un cadre d’échange, de respect, de bienveillance.

 

Je veux saluer la présence, cette année encore et toujours, des élus et responsables politiques de tout bord (Gilles Garnier, Pascale Labbé, Martine Day, Alda Peirera), je tiens à excuser Claude Bartolone qui n’a pu être présent et remercier Philippe Guglielmi qui me fait l’amitié cette année encore d’être à nos cotés.

Je salue bien entendu les amis et camarade de Bobigny, de Bondy qui sont présents.…

Ainsi que des responsables associatifs et des citoyens engagés qui font Noisy au quotidien. Un salut particulier pour les épicionados…

 

2015 a commencé durement, durement pour notre République, durement pour notre société, et par conséquent durement pour nous même.

Ces attentats n’ont laissé personne indifférent.

Comme pour le 11 septembre 2001, chacun se souviendra où il était, ce qu’il faisait à chaque étape de ces trois jours terribles.

 

Horrifiée, je suis horrifiée et émue, comme vous j’imagine, lorsque je pense aux 17 victimes.

  • les journalistes et membres de Charly Hebdo ;
  • les trois policiers abattus ;
  • les clients de l’hyper casher.

 

Indignée aussi, Je suis :

  • indignée devant l’attaque de Charlie Hebdo c’est-à-dire d’un journal qui est devenu, maintenant, le symbole mondial de la liberté d’expression.
  • Indignée par les atteintes aux forces de sécurité alors qu’elles assuraient simplement leur mission de protection des citoyens,
  • Indignée par les actes qui ont touché des juifs, parce qu’ils étaient juifs.

Ce qui s’est passé est insupportable, inimaginable et pourtant, la réalité nous a rattrapée.

 

Nous avons été touchés en plein cœur, celui de notre République, de notre démocratie, de nos libertés…

Notre patrie, la France, est celle des droits de l’homme, le pays des lumières, de Voltaire, de Descartes, de Jaurès.

Elle est ébranlée dans ses valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité qui fondent notre pacte social et républicain.

L’ensemble des représentants des formations politiques présentes au Conseil municipal a su prendre la mesure de ce moment pour partager ensemble une adresse aux Noiséennes et Noiséens.

 

Dans cet appel, il était précisé :

“Nous appelons l’ensemble des Noiséens, quelles que soient leur nationalité, leurs origines, leurs convictions religieuses et politiques, à refuser les amalgames et à se mobiliser pour rappeler que la République ne cèdera pas face au terrorisme.”

La manifestation du 11 janvier a été historique en France et dans le monde. Je ne veux surtout pas y voir une quelconque « guerre de civilisation ».

Nous étions Charlie, nous sommes Charlie, pour défendre la liberté d’expression, la liberté de penser, liberté d’agir, liberté de conscience.

Cette liberté est essentielle, c’est le pilier de notre République car sans cette liberté, point de démocratie, d’égalité, de laïcité.

Par ailleurs, être Charlie ne veut pas dire adhérer à la ligne éditoriale de Charlie Hebdo. Et sur ce point d’ailleurs, je serai personnellement réservée notamment au regard de l’image et du discours véhiculé sur les femmes…

 

Mais, c’est justement ça la liberté d’expression.

Cela ne veut pas dire que tout le monde doit partager les mêmes opinions. C’est cette capacité de pouvoir dire ce que l’on pense sans devoir subir la mort pour l’avoir fait.

La liberté n’est pas absolue, exceptée la liberté de conscience qui est personnelle et intime.

La seule véritable limite à cet exercice, c’est l’expression de la haine de l’autre, et son incitation.

Je pense ici au racisme et à l’antisémitisme qui sont les deux faces d’une même médaille, celle de cette haine.

Cette haine, n’est pas une opinion, c’est un délit, une atteinte même à notre République.

 

Nous sommes encore abasourdis par ces événements avec les uns, les autres des attentes mêlées de débats, de dialogues, d’échanges pour tenter de comprendre et répondre à nos interrogations.

  • Comprendre ce qui se passe
  • Comprendre ce que nous n’avons pas réussi

La question n’est évidemment pas simplement sociale, et elle interroge notre pacte républicain…

 

DISCOURS VŒUX CORINNE BORD definitif